Nos petites habitudes… (suite)

Voici la suite de mon article sur les habitudes. Après la théorie (oui, changer nos habitudes c’est possible, avec de la patience), place à la pratique.

Déjà, prendre ou perdre une habitude ?

Ce sont deux actions bien différentes. Vouloir perdre une habitude c’est avoir constater qu’une habitude que l’on a et que l’on fait sans y penser nous fait du mal. Bref, c’est une mauvaise habitude et on veut la perdre. Prendre une nouvelle habitude, ça ressemble à nos résolutions de début d’années : « faire plus de sport », « boire davantage d’eau », « appeler plus souvent ses grands-parents », etc… C’est quelque chose que l’on souhaite ajouter à notre routine et qui nous paraît positif.

Donc le mieux c’est quoi ?

Prendre une habitude ou en perdre une mauvaise ? En réalité, ces deux choix sont liés. Toutes nos actions sont dictées par nos habitudes. Si l’on vient en rajouter une nouvelle, cela va forcément influencer nos plus vieilles habitudes. Si l’on décide de faire un quart d’heure d’étirements le matin par exemple, et que cela devient une vraie habitude, il y a des chances que ce soit le point de départ à un cercle vertueux qui entraînerait la perte de mauvaises habitudes : celle de sauter le petit déjeuner par exemple, car après le sport, on a souvent faim.

Cela fonctionne aussi dans l’autre sens : si l’on souhaite perdre une mauvaise habitude, nous allons instinctivement, la remplacer par une autre, meilleure de préférence. Je dis de préférence car ce n’est pas si évident. Prenez l’arrêt de la cigarette par exemple, souvent remplacé par les anciens fumeurs par un excès de nourriture…

Pour ma part, je vais plutôt m’attarder sur le fait de prendre une nouvelle habitude que d’en perdre une mauvaise. Car je souhaite justement créer ce cercle vertueux dans lequel on peut entrer en installant une première bonne habitude.

Du coup, comment bien s’y prendre ?

Pour ne pas s’épuiser à ce petit jeu avec nos habitudes, il faut y aller par étapes. La première étape, c’est de ne choisir qu’une seule habitude. Et voilà, c’est donc dès le début que j’avais tout faux : décider à la fois de mieux manger, de faire plus de sport, de perdre du poids, et de déménager c’était me lancer dans trop de projets à la fois. J’ai épuisé mon stock de volonté : c’est une théorie du psychologue américain Roy Baumeister.

Selon lui, nous avons un stock de volonté dans lequel il faut puiser en douceur, sous peine d’atteindre ce qu’il appelle « ego depletion », l’épuisement de l’ego : difficile alors de contrôler ses pensées, ses émotions, ses pulsions. Donc on ne choisit qu’une seule habitude et on s’y tient tranquillement.

Choisir le bon moment.

Certes, il ne faut pas reporter au lendemain blablabla… Mais pour instaurer une nouvelle habitude, il est quand même plus facile de choisir un moment de stabilité dans nos vies, pour pouvoir justement se concentrer tranquillement sur cette nouvelle habitude. En gros, on évite les déménagements… 😛

Relier la nouvelle habitude à une ancienne.

Pour faciliter l’automatisme d’une nouvelle habitude, il peut être intéressant de la relier à une habitude que l’on a déjà. Il ne s’agit pas de remplacer l’ancienne par la nouvelle, mais de les attacher ensemble. Si on a par exemple l’habitude de rentrer à pieds du travail, on peut venir y greffer une nouvelle habitude : puisque je suis parti pour marcher, autant marcher un peu plus longtemps. Et on se retrouve au bout de quelques temps avec la bonne habitude de marcher une demie-heure par jour après le travail.

Ou bien, si on a l’habitude de prendre un café en fin de repas le midi : pourquoi ne pas y joindre une nouvelle habitude, celle de manger un fruit en même temps que son café, ou juste avant ?

Rester concentré sur sa nouvelle habitude.

On l’a vu dans le premier article, prendre une nouvelle habitude et la rendre complètement autonome peut prendre beaucoup de temps. Il faut donc personnellement s’engager à tenir cette habitude, sans s’essouffler, sans laisser les obstacles nous arrêter. Pour cela, on peut par exemple tenir un journal de progression sur notre habitude et noter nos progrès, nos sensations, nos faux pas… Il est aussi intéressant de se mettre des petits rappels pour ne pas oublier d’exécuter la nouvelle habitude : un mot sur le frigo, sur le miroir de la salle de bain, dans son téléphone.

Enfin, effectuer des points de contrôle permet également de rester motivé sur le long terme. Chaque fin de semaine par exemple, ou fin de mois si c’est une habitude plus étalée dans le temps, on réfléchit à sa progression et on s’auto-évalue.

Abattre les futurs obstacles.

Il y aura toujours un jour où on se sent trop fatigué, la journée a été stressante, on a mal au dos/genou/tête, il pleut, il fait froid… On connaît déjà toutes ces bonnes mauvaises excuses avec lesquelles on pourrait convaincre le monde entier que ce jour n’est pas le bon jour pour appliquer notre nouvelle habitude…

Si on se prépare à l’avance contre ces obstacles, il sera plus facile de les abattre. « Si il pleut, je n’aurais pas envie d’aller courir. » Ok, alors à la place je ferai vingt minutes d’étirements et de pilates. « Si ma journée est difficile au travail, je ne mangerai pas ma salade à midi. » Ok, mange ce que tu veux, mais ce soir, c’est soupe maison !

On peut inscrire à l’avance les contre-attaques à nos futurs obstacles. Lorsqu’ils se présenteront, nous aurons les réponses toutes faites et il sera plus facile de passer outre.

On se récompense ou pas ?

Beaucoup de « programmes pour une nouvelle habitude » conseillent de se récompenser après avoir effectué la fameuse routine. Je ne suis pas convaincue de ce système… Car ne serait-ce pas, quelque part, attacher une autre habitude encore à la nouvelle que l’on essaie de mettre en place ? Si à chaque fois que l’on réussi à effectuer notre nouvelle habitude on se récompense derrière d’un carré de chocolat, ou d’un bon film dans le salon, ou d’un bain, d’un verre de jus de fruit, etc… Même si ces récompenses sont loin d’être mauvaises, n’est-ce pas déjà créer une habitude sur une habitude ?

Du coup je vais paraître radicale et totalitaire, mais non, on ne se récompense pas. Vous avez réalisé votre habitude du jour ? C’est très bien, bravo ! Votre satisfaction personnelle et votre fierté suffisent à vous récompenser. Pas besoin de rajouter de « carottes » derrière. Si l’on s’efforce à prendre une nouvelle habitude, c’est pour soi, pour se sentir bien. Lorsqu’on réalise que l’on est capable de le faire, cette confiance en nous est, je trouve, la plus belle de toutes les récompenses.

Et pour conclure tout ça…

Ces recherches sur nos habitudes ont été très motivantes pour moi. Les choses me paraissent plus claires et je commence à comprendre comment je pourrais fonctionner pour réussir mon rééquilibrage alimentaire (et oui, ça reste l’objectif numéro 1 quand même !! 😀 ). J’en ferai un article très prochainement.

Le principal est d’y aller pas à pas, en se concentrant sur les petites victoires pour amener les plus grosses, et surtout… en se faisant plaisir ! Car une nouvelle habitude, c’est quelque chose que l’on souhaite instaurer pour être mieux, donc ça doit forcément être un plaisir. 😀

5 commentaires Ajouter un commentaire

  1. Article très intéressant sur les habitudes.

    Aimé par 1 personne

    1. Au régime ! dit :

      Merci beaucoup ! Merci de ta lecture et de ton intérêt. 😀

      Aimé par 1 personne

      1. Merci d’avoir partagé!

        Aimé par 1 personne

  2. DomaZen dit :

    Toujours aussi intéressant !!! Et je partage à 100% ton point de vue sur la récompense, c’est souvent comme ça qu’on revient au point de départ ou qu’on se créé une dépendance imprévue 😉

    Aimé par 1 personne

    1. Au régime ! dit :

      Merci Domazen pour tes messages !! Rendez-vous bientôt chez-toi, j’ai aperçu ton article sur le Tao, ça m’intéresse bien ! Bises,

      Lya.

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