Histoire de Mâcon #3

« D’un côté, il y a mon frère. Il est encore rouge de la course que l’on vient de finir et peu motivé pour enchaîner avec une deuxième, deux fois plus conséquente. De l’autre côté, il y a les trois grandes bouteilles de vin Mâconnais que le bénévole est prêt à nous donner si on accepte le challenge. Nous nous sommes trompés, pensant faire cette deuxième course en relais. Mais non, il s’agit bien de tout faire, ensemble, en équipe. Je me tourne vers mon frère et vers Cow-Boy qui ne dit rien : « On peut le faire, j’en suis sûre. À notre rythme ! »

Mon frère se marre, dit qu’on est fou, mais il finit par accepter. On prend donc nos dossards (et les bouteilles) avant de rejoindre notre famille qui est là pour nous encourager.

On prend le temps de manger. Notre menu ultra sportif va vite nous faire oublier les efforts du matin. Mentalement, on commence à se préparer pour notre deuxième triathlon. Cette fois-si, ce sera un S, les distances sont donc doublées, voire plus pour la nage : 750 mètres de nage, 20 kilomètres de vélo et 5 kilomètres de course. Le principe est simple : l’équipe doit toujours arriver et repartir en même temps à chaque épreuve. Cow-Boy est très optimiste quant à notre temps. Mon frère et moi espérons simplement le finir en moins de deux heures. Il y a trois ans, j’avais déjà participé à un triathlon S, à Mâcon également : j’avais mis 2h28 pour arriver au bout.

Jusqu’à 14 heures, on a le temps, on reste posé à l’ombre et on discute. On en profite aussi pour investir auprès d’un des stands pour s’acheter des portes dossards. Pour quelques euros, nous ne serons plus embêtés avec les épingles à nourrice. Enfin l’heure approche : nous préparons nos vélos et nos affaires et on rejoint les jurys qui nous font rentrer après inspection, dans la zone de transition.

De nouveau, mon cœur accélère légèrement son rythme. On y est. On va vraiment le faire : on va vraiment faire un deuxième triathlon dans la même journée. Tout en préparant mes affaires avec les garçons, je nous trouve fous, et j’adore ça !

Cette fois, le briefing avant la course nous rassure : il n’y aucune boucle supplémentaire pour le vélo, nous n’aurons qu’à suivre le chemin, l’erreur est impossible. Tous les participants se dirigent vers la Saône, avec pour nous, un petit goût de déjà vu. Je repère une autre concurrente, une seule autre, qui a elle aussi son numéro du matin et celui de l’après midi sur le mollet. Nous ne sommes pas les seuls fous !

L’eau me paraît plus fraîche : le soleil a simplement réchauffé l’air. Nous sommes tous les trois sur le tapis du départ et le décompte commence : 5, 4, 3, 2, 1, go ! Mon frère et Cow-Boy s’élancent à mes côtés et on plonge en même temps. Comme prévu, Cow-Boy part en crawl et ne nous attendra pas. Très vite, je distance Antoine à la brasse. Arrivée à la première bouée, je me retourne et le reconnais au loin. Je l’attends un peu en nageant plus doucement sur le dos. Lorsqu’il me rejoint, il m’interpelle : « C’est bien toi ? »

Et on nage...

Je le rassure, l’encourage, et lui conseille de bien allonger son mouvement de brasse pour ne pas s’essouffler. Il me confie qu’il a une douleur dans l’épaule. Pendant les 750 mètres, je l’entraîne à ma suite en l’attendant régulièrement. Je pense aussi à Cow-Boy qui est loin devant et qui va devoir nous attendre aux vélos. J’apprécie ce moment dans l’eau, car je sais que la partie la plus dure va suivre.

J’aperçois la dernière bouée. Je la contourne, mon frère n’est pas très loin derrière moi, et je trace tout droit vers le tapis de sortie. Je glisse en sortant, un bénévole me rattrape et m’aide à me hisser hors de l’eau. Dans ma tête, je me répète en boucle : « maintenant, vélo, maintenant, vélo… » Je me retourne et vois mon frère sortir à son tour. Je l’encourage et le laisse passer devant moi sur le tapis. On court jusqu’à la zone de transition tout en retirant nos bonnets et nos lunettes de natation. Cow-Boy est bien là, il est prêt.

Dans le parc à vélo, il n’y a plus que deux équipes derrière nous qui n’ont pas encore récupéré leur vélo…

On enfile nos baskets tout en échangeant quelques mots, on décroche les vélos et on court vers la sortie de la zone. Je suis sur un nuage : la famille est là pour nous applaudir et nous encourager. Je sens qu’on est capable de le faire. À ce moment-là, je me sentais capable de tout faire… »

à suivre demain (pour le dernier morceau) ! 😀

10 réflexions sur “Histoire de Mâcon #3

    1. Tout à fait ! On s’est fait une bonne séance d’étirements en famille après ça. 😀 J’ai eu un peu mal aux adducteurs le lendemain, mais je n’ai déjà plus rien maintenant. 😀 Merci d’avoir lu !!

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