Histoire de Mâcon #1

« Réveil à 5h30. Ça tire un peu, mais je pense à mon frère et ma belle-sœur qui partent de plus loin encore et qui sont déjà levés depuis un moment. Aujourd’hui, nous allons à Mâcon pour participer à la journée triathlon. Je m’habille, surexcitée. J’organise nos sacs, le mien et celui de Cow-Boy, mon cher et tendre qui participe aux mêmes épreuves que moi. Je vérifie tout. Il nous faut le casque de vélo, la tenue pour nager, celle pour courir, les baskets, les chaussettes…

Enfin on descend retrouver ma belle-mère, qui nous a accueilli chez elle pour la nuit. C’est elle et son ami qui nous amènent jusqu’à Mâcon avec les vélos. Ils seront nos supporters de la journée. Au petit-déjeuner, je me régale d’une omelette japonaise, d’une banane, d’un thé à la menthe et d’un fromage blanc au sucre. À la fin, on fixe les vélos derrière la voiture.

Plus de détour possible : on part ! Objectif, être à Mâcon autour des huit heures du matin, à l’ouverture du stand pour retirer les dossards. Quelque part en France, deux autres voitures prennent la même direction. Mon frère et sa copine d’un côté, le frère de Cow-Boy avec sa femme et sa fille d’un autre. C’est drôle de s’imaginer tous en train de se rapprocher du même point, pour un même but.

On arrive enfin à l’esplanade Lamartine, en bord de Saône. Mon frère est déjà là. On plaisante, on se taquine. Qui arrivera premier ? Qui gérera mieux la course, ou la nage ? Les derniers arrivent enfin. L’équipe est au complet ! Nous serons quatre à participer au triathlon XS ce matin : Cow-Boy, moi-même et nos deux frères. Nous aurons donc cinq supporters rien que pour nous, et ils vont se montrer très à la hauteur !

Nous allons récupérer nos dossards aux stands. L’organisation offre même une petite bouteille de vin blanc à chaque participant : c’est encourageant ! Bientôt le moment d’entrer dans la zone de transition arrive. Casque fermé sur la tête, dossards bien accrochés au tee-shirt, nos tenues et nos vélos sont inspectés par les jury qui écrivent notre numéro sur nos bras et nos mollets gauches à l’aide d’un gros feutre noir. Nous nous installons à nos places numérotées dans la zone de transition.

Je commence par caler mon vélo contre la barrière avant de retirer mes baskets et mes chaussettes. Je n’en aurais pas besoin pour la nage ! Puis je glisse mes lunettes de natation autour de mon cou comme un collier. J’enlève mon tee-shirt sur lequel je laisse accrochés les dossards, et je le pose par terre à côté de mes baskets. J’essaie de tout préparer pour gagner du temps sur la transition entre nage et vélo. Les garçons font pareil à quelques mètres de moi. On se retrouve avant le briefing pour rigoler et se faire prendre en photo par nos supporters en délire !

Enfin, on se dirige vers la Saône. Elle est à 23°C : c’est parfait ! Mon bonnet jaune fluo est en place, mes lunettes aussi. Le départ se fait en décalé, toutes les quinze secondes. En regardant partir les premiers, je commence à sentir un nœud dans le ventre. Pas de la peur, pas du stress : juste l’excitation de la compétition et de l’effort que je m’apprête à fournir. Nous avons devant nous, 250 mètres de nage, 10 kilomètres de vélo et 2,5 kilomètres de course à pieds.

le départ de la course

Top départ ! Je cours sur le tapis qui descend dans la Saône et me jette littéralement à l’eau. Elle est fraîche mais c’est très supportable. Je pars en brasse car je connais mon niveau de crawl et je sais que je ne tiendrai pas la distance. Je fixe au loin la première bouée jaune et trace mentalement une ligne droite dans sa direction. Quelques instants plus tard, Cow-Boy, qui partait juste derrière moi, me double en crawl sans problème. Je suis fière de lui mais je ne force pas pour le rattraper, je préfère miser sur un rythme régulier, jusqu’au bout. J’attrape la première bouée et la contourne sans souci. Direction la suivante. Je ne sais plus où sont les autres : m’ont-ils aussi dépassé ou sont-ils encore derrière ? Les nageurs se ressemblent tous et on se croise en se cognant parfois.

À la dernière bouée, je relève la tête en entendant mon prénom : la famille est juste là, au-dessus sur les quais, et m’encourage. Je leur fais un signe et poursuis ma nage le cœur battant. Je veux leur donner le meilleur !

Au bout des 250 mètres, je sors de l’eau le plus vite possible. Je cours sur le tapis sous les applaudissements du public très encourageant. Juste avant de rentrer dans la zone de transition, j’aperçois de nouveau nos supporters. Je leur fais un grand sourire et cours récupérer mon vélo. Celui de Cow-Boy n’est plus là : il est loin devant. En revanche, mon frère et mon beau-frère étaient bien derrière moi. Tandis que j’enfile mes chaussettes sur mes pieds mouillés, j’en vois un qui arrive, puis l’autre, qui le suit de près. Je demande à mon frère qui est plus près de moi si ça va, il me répond oui, mais il galère ensuite à mettre son tee-shirt. Je ne peux pas l’aider, je risquerais d’être disqualifiée. Tout en nouant mes baskets, je l’encourage comme je peux.

La transition s’achève. Je prends mon vélo et cours à côté, casque sur la tête, jusqu’au jury qui m’autorise à sortir de la zone et à monter sur mon vélo. J’ai juste le temps de sourire à ma belle sœur qui, je crois, me prend en photo, et je décolle pour les dix kilomètres… »

à suivre demain… 😀

8 réflexions sur “Histoire de Mâcon #1

  1. Waouh, un récit de longue haleine. On est plongé dans l’univers du triathlon. Tu fais désormais parti des triathlètes et, te connaissant, tu ne vas pas t’arrêter en si bon chemin. J’attends la suite avec impatience.

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